É M I L I E   L É V E I L L É    
                                                                                                                                                                                                  
         v i d é o s     
         p   h   o   t   o   s  
         é      c      r      i      t      s          
         a   r   t   s    v   i   v   a   n   t   s     
         c      o      n      t      a      c       t












La Dyade : en six mouvements
recueil de poésie L’Amour c’est sensible
2018

- épilogue -

du long du nil
et de la Londes aux îles
on s’imagine Égytiens
et Gypsies à dessein.
l’écarlate peint mes cuisses
de Viking diaphane
et notre écart sain puise
l’attache médiane.
telles deux coquilles;
l’une hyaline,
l’autre mat,
on se surmonte
et s’amarre
au vaisseau inconnu
qui rompt et rame
les belles ondes fossiles.
c’est la quille sourde
qui secoue et vrille l’acquis
en pur délice éthéré.
sur l’Olbia, la bienheureuse,
je tendais mes lèvres couleur dahlia,
au souvenir du voeu savoureux
qui osait rêver la prospérité.
jadis, deux Grecs avaient eu ce temps,
avant la ruine archéologique.
aujourd’hui, deux aquilins végétant,
déchaînent leurs archétypes.



Journal d’une traversée chantante/
Diary of a singing crossing

extrait des Histoires de Folks (chap. I)

2017

Sur la route, le défilement des paysages lui faisait perdre toute notion de réalité et de sa réalité ; instable, fragile depuis qu’ils avaient traversés l’atlantique. Déjà une once de vie, passive, soumise aux événements, étrangère, et le voyage aux horizons vertigineux et aux montagnes mêmes colossales à cent miles à la ronde rendaient d’autant plus douloureuse cette sensation.

On the road, the running of the landscapes made her lose all notions of reality and of her own reality; unsteady, fragile since they have crossed the Atlantic. Already an ounce of life, passive, subjected to the circumstances, like a stranger, and the journey with its vertiginous horizons; its mountains even colossal from a hundred miles around made this sensation much more distressing.




Poème pour Lenso
création du Duo Umaï, 2016

à l’orée d’une naissance supposée, deux opposés s’épousent,
leur corps couchés superposés, à demi recroquevillés,
révèlent une fragile posture.
comme échouée, cette double créature
semble annoncer une profonde beauté souillée.
ainsi rejetés en harmonie ils se supportent
et reprennent ce souffle éternel, ensemble,
puis résonnent, ensemble.
dans la quiétude de la lenteur, l’indivisible apparent se réveille,
l’un des corps change et les entraîne vers la ronde.
assemblés, encore unis par une découverte mutuelle et individuelle,
ils fondent doucement leurs désirs et leur essence.
l’entrelacement les précipite vers un détour inévitable,
lassés, lâchés, élancés, éloignés, avides, vite, appesantis,
le lien déchaîné les embellis, les indispose et les dédouble.
fleur fossile, femme mâle, homme animal, monolithe invisible,
les ombres surveillent leur apprentissage et les dépassent, plus vives, émotives.
magnétisme enlisé, incontrôlé, leur conte s’élit, se délie.
à l’ornière de la dépendance insoupçonnée, deux semblables affranchis se dressent.